Notre Journal de juillet 2010 : Pour la mémoire et l’histoire, notre voyage à Izieu du 20 Mai 2010…

Comme à l’habitude, la préparation de la visite des 23 élèves de CM2 du collège de Deuil-la-Barre a été très sérieusement assurée par Séverine Simon, l’institutrice, bien connue de Mémoire 2000.

Préalablement, pour sensibiliser les élèves à la Shoah, elle a organisé une visite à Drancy en compagnie du grand témoin Alexandre Halaunbrenner dont les deux petites soeurs, Mina 3 ans et Claudine 9 ans, figurent parmi les 44 victimes enfants du 6 avril 1944 et leurs sept éducateurs, arrêtés et déportés sur ordre de Klaus Barbie.

Alexandre bien que participant au voyage, a dû renoncer à dialoguer avec les élèves à la Maison d’Izieu, car trop fatigué par les épreuves subies pendant la guerre: internement à 15 ans au camp de Rivesaltes avec les réfugiés républicains espagnols, et puis au camp de Gurs. Au bout de plusieurs mois la famille est libérée puis 1944, son père est fusillé et son frère déporté. Il prend en charge sa mère Ita-Rosa et la petite dernière et vivent sous un faux nom jusqu’à la Libération…

Cependant, grâce à Alexandre, les élèves ont été particulièrement sensibles à la première partie de la visite, sur le rôle de Klaus Barbie et la part prise par Ita-Rosa pour le jugement dans des extraits du film du procès. En effet en plus du témoignage émouvant de Ita-Rosa, il est rappelé son rôle essentiel avec Beate Klarsfeld pour aller, à 68 ans en Bolivie faire capituler le gouvernement bolivien pour l’extradition de Barbie et permettre ainsi la tenue du procès et la condamnation pour crime contre l’Humanité. Horrifiés par l’attitude de Barbie refusant toute responsabilité dans la tragédie, plusieurs élèves ont posé la question de la réalité de sa mort en prison.

Le second film projeté, insistait sur le caractère raciste de l’extermination des juifs considérés par les nazis comme des sous-hommes, et dont il fallait interdire la reproduction en tuant les enfants pour préserver la pureté de la race aryenne.

Le troisième film démontrait bien la stupidité et l’horreur de pareille théorie par des images d’archives de la vie paisible des juifs polonais avant les massives mesures d’élimination dès le contrôle de la Pologne par les nazis en septembre 1930.

Le film fait également ressortir le peu d’empressement des autres pays occidentaux à accorder des visas aux juifs fuyant les persécutions avec toutefois l’attitude plus ouverte de la France avant la défaite de 1940 et les premières lois antijuives du gouvernement de Vichy.

Malgré tout en zone libre, profitant d’une certaine tolérance des autorités de Vichy et également du contrôle italien, sous l’impulsion de sa fondatrice Sabine Zlatin et de son mari, a été créée la Maison d’Izieu, petit village à 90 kms de Lyon. La maison a donc été légalement reconnue et abrita plus de 150 enfants juifs. L’enseignement et les conditions matérielles ont été relativement convenables comme en témoignent les lettres aux parents écrites par les enfants peu de temps avant le funeste 6 avril 1944.

Le retentissement du procès Barbie a permis à Sabine Zlatin de convaincre les autorités françaises de la nécessité d’un Mémorial sur les lieux mêmes pour qu’à jamais le souvenir de ce crime contre l’Humanité soit perpétué pour les générations futures et notamment les jeunes: d’où déjà la troisième participation de Mémoire 2000 au voyages d’Izieu.

Les élèves, très émus par la projection des films se sont presque “battus” pour avoir l’honneur de lire les plaques sur la façade extérieure de la Maison. La première dédiée aux fondateurs de la Maison, Sabine et Miron Zlatin, la seconde à l’inauguration par le président François Mitterrand en 1994 et la troisième, la plus émouvante, reprenant par liste alphabétique et par âge des 44 enfants et sept adultes victimes du 6 avril 1944.

Après ce moment d’intense émotion, les différentes pièces font revivre les activités de la Maison grâce à la photo des participants : élèves et leurs pupitres avec cartes de géographie accrochées aux murs et, en dépit du peu d’ameublement, les élèves ont bien apprécié tous les aspects de la vie de la maison.

Ainsi les pensionnaires et l’équipe d’éducateurs restent malgré tout, à jamais vivants et gravés dans la mémoire des visiteurs toujours plus nombreux de la Maison d’Izieu.

Maxime Perrault

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