Il faut sauver le soldat Guissé

En proto-débat sur « l’identité nationale », ça fait du bien de voir les vraies valeurs françaises :

Vu dans Paris-Normandie :

IDENTITE.Le ministère de la Justice veut retirer la nationalité française à Ounoussou Guissé, qui se bat pour la France depuis 2002. Il a servi au Tchad et en Afghanistan.

Pour ses supérieurs du 1er régiment de hussards parachutistes (RHP) de Tarbes, Ounoussou Guissé est un brigadier exemplaire. Qui devrait même bientôt devenir brigadier-chef. Pour le ministère de la Justice, le même homme ne mérite plus la nationalité française. Une situation paradoxale qui plonge ce Franco-Sénégalais, venu rejoindre son frère à Rouen en 1998 à l’âge de 17 ans, dans le plus profond désarroi.

Aujourd’hui, en début d’après-midi, c’est en uniforme et avec ses décorations qu’Ounoussou Guissé se présentera devant la cour d’appel du tribunal de grande instance de Rouen. La fin, il l’espère, d’un long feuilleton commencé le 18 décembre 2006. lorsqu’il reçoit une assignation à comparaître du ministère de la Justice qui souhaite lui retirer sa double nationalité.

Le privant du même coup de la possibilité de servir dans l’armée française. Un cauchemar pour ce soldat de 29 ans, engagé depuis 2002, et qui a participé à des campagnes au Tchad et plus récemment en Afghanistan, à l’Est de Kaboul, une région où dix militaires français ont perdu la vie en août 2008.

« Je ne comprends pas pourquoi ça me tombe dessus. Je suis en règle, j’ai mes papiers. Mon père, qui travaillait dans la région du Havre, avait la nationalité française. Et du coup, moi aussi ». Mais c’est justement là que le bât blesse. Le ministère de la Justice remet en cause les conditions dans lesquelles le père – et donc ses enfants – a obtenu sa nationalité française. Comme l’explique l’avocate Cécile Madeline, qui suit le dossier depuis ses débuts, « à l’indépendance du Sénégal, les Sénégalais qui résidaient en France ont pu choisir de devenir Français. C’est le cas du père d’Ounoussou. Mais sa femme et ses enfants étant restés sur le sol africain, le ministère conteste la validité de la procédure de naturalisation ». Un dossier complexe qui n’est pourtant pas un cas isolé. « De plus en plus de dossiers similaires arrivent sur mon bureau. C’est devenu une sorte de sport national pour le ministère de la Justice », assure l’avocate rouennaise.
Débouté une première fois en septembre 2008, le ministère a choisi de faire appel, ne reconnaissant pas les arguments du juge de l’époque qui considérait que la période de prescription de 30 ans s’appliquait au cas du père d’Ounoussou.

En attendant, du côté de Tarbes et de l’état-major du 1er RHP, le cas du brigadier Guissé est pris avec le plus grand sérieux. « Ma hiérarchie m’a assuré de son soutien et que, s’il le fallait, ils iraient jusqu’au sommet de l’Etat pour me défendre ». Il espère pourtant bien ne pas en arriver là.
— Laurent Derouet

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2 Responses to Il faut sauver le soldat Guissé

  1. marcnaimark dit :

    Donc l’Armée française a fait travaillé (dans des conditions particulièrement dangereuses) un sans-papier ? Et qui est à la tête de l’Armée ? Démission !

  2. rlallier dit :

    Cette politique qui remet en cause rétroactivement la nationalité de citoyens français est particulièrement scandaleuse. C’est un déni de la tradition française et du droit. Rappelons-nous que cette politique fut menée en France contre des naturalisés dans les années 30…

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