Séance du 15 février 2007 : « Sophie Scholl »

Nous avons eu le 15 février 2007 le privilège de voir un excellent film et surtout l’honneur de rencontrer Mme Beate Klarsfeld dont nous savions déjà qu’elle était une femme exceptionnelle, mais dont nous avons pu apprécier en plus de ses qualités de débattrice, la gentillesse et la chaleur humaine qu’elle dégage et sa grande simplicité.

Le film, inspiré d’une histoire authentique, relate l’engagement de Sophie Scholl et de son frère Hans, jeunes étudiants allemands protestants, dans le mouvement de résistance “la Rose Blanche”. En février 1943, Sophie est arrêtée avec son frère, sur la dénonciation du concierge de l’université de Munich.

Ils sont immédiatement soumis à des interrogatoires “musclés” par un gestapiste Robert Mohr, mais Sophie refuse tout compromis, et accepte les conséquences de ses actes . Il y aura un procès truqué avec un avocat commis d’office. Sophie et Hans sont condamnés à mort et exécutés le jour même 22 Février 1943, contre toutes les règles de droit.

La séance s’est déroulée dans un silence total. M° Jouanneau a présenté Beate Klarsfeld, en mettant l’accent sur son action dans la recherche des criminels nazis et en rappelant que c’était elle jeune allemande non juive qui en giflant le chancelier Kissinger avait soulevé le voile d’un passé nauséabond. Elle nous a parlé de la vraie Sophie Scholl qui avait prédit que le régime nazi s’effondrerait et que ses partisans pourchassés retourneraient leurs vestes, ce qui s’est produit…. Elle a souligné que la résistance allemande, à ses débuts avait été accueillie avec réticence, même par les Scholl incorporés dans les jeunesses hitlériennes dans leur enfance. Ces étudiants résistants ont, dans une certaine mesure sauvé l’honneur du peuple allemand, comme en France les Justes auxquels on vient de rendre hommage. Beate Klasfeld, elle, a obtenu le réveil des consciences par ses actions personnelles.

— Nathalie, élève de seconde, demande si les juges avaient été jugés après la défaite du Reich : L’enquêteur de Sophie est passé en jugement et a été acquitté mais la plupart des magistrats sont passés à travers les mailles du filet et ont pu reprendre des postes.

— Un professeur du lycée Molière se demandait si Sophie n’aurait pas du avouer dans l’espoir de pouvoir continuer la lutte?
Non, car jamais elle n’ aurait pas eu la liberté de poursuivre.

— Quel était le rôle de l’avocat, pourquoi n’a-t-il pas aidé Sophie à se défendre?
M°Jouanneau explique que, commis d’office, l’avocat était tout acquis aux causes nazies. Il ne s’agit que d’un simulacre de justice.

— Y a t-il encore des hitlériens en Allemagne?
Oui, pour le NPD, à l’extrême droite, Hitler est encore une idole mais l’Allemagne est devenue maintenant une grande démocratie et les nazis ne peuvent plus agir.

— Qu’est devenue “la Rose Blanche” après l’arrestation des Scholl?
Les autres conjurés ont essayé de continuer la lutte mais ont été arrêtés également.

— Que sont devenus les parents?
Ils n’ont pas été inquiétés, la soeur de Sophie et de Hans a écrit, après la guerre La Rose Blanche aidée par la compagne de cellule de Sophie.

— Qu’est-ce qui a déterminé les Scholl à résister?
Hans avait entendu l’évêque de Munich décrire les exactions nazies. Daniel Rachline a rappelé qu’en France aussi les jeunes avaient résisté et a parlé des élèves du lycée Buffon qui ont payé de leurs vies leurs actes de courage.

— Les criminels nazis ont-ils été jugés?
Il faudra attendre le procès Eichman dans les années 60 pour réactualiser le problème des criminels de guerre et Israël était le pays le plus à même de le faire.

— Comment Beate Klarsfeld a t-elle commencé sa traque des criminels nazis?
Son engagement date de 1969. Elle vivait à Paris avec Serge son mari, enfant de déportés, et elle a pris conscience de ce qui s’était passé. Son premier acte a été de gifler le Chancelier Kissinger, qui a été forcé de démissionner, remplacé par Willy Brandt ancien résistant de l’extérieur. Puis, avec son mari elle a réussi a débusquer de nombreux nazis en Allemagne et à l’étranger, de 1971 à 1979. Ils réussirent à faire punir certains de ceux qui avaient dénoncé des juifs en les envoyant à la mort dans les camps (procès Barbie, Touvier, Papon.). Les enfants n’ont pas été épargnés, comme les enfants d’Izieu…..

Cette séance, une fois de plus a montré l’action indispensable de Mémoire 2000 et nous espérons que l’exemple de Sophie Scholl aura suscité l’émotion des élèves comme elle a suscité la notre et leur aura démontré qu’il faut savoir s’indigner et ne jamais renoncer à ses buts et à son devoir.

Denise Becker

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :