Voyage à Izieu : Témoignages divers

Il y a quelques semaines, Mémoire 2000 a emmené une classe du lycée Condorcet à Izieu et au CHRD de Lyon. Nous avons eu le plaisir de recevoir quelques travaux faits par ces élèves à leur retour, et que nous partageons ici. On continue avec des extraits de textes de différents élèves.

[…] La maison était un îlot dans un océan de verdure, entouré de “récifs” montagneux. 65 ans après, rien n’avait changé comme en témoignent les photographies de l’époque. Le jardin nous accueille comme il le fit, plus d’un demi-siècle plus tôt, avec les jeunes enfants d’Izieu.… Pourquoi eux davantage que les autres? Tout simplement parce qu’ils avaient 16 et 17 ans. Nous avons 16 et 17 ans. Ils étaient jeunes, joyeux et insouciants. Nous sommes jeunes, joyeux et insouciants. Ils sont morts et auront toujours 16 et 17 ans. Nous sommes dans le train et nous rentrons chez nous…
– Marina F.

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[…] Visiter des lieux tel que la Maison d’izieu, voir des photos, lire des lettres permet de mettre des visages, des noms sur ces enfants et c’est un moyen de leur rendre hommage… Cela permet également de lutter contre les gens qui nient l’existence des camps … Je n’avais jamais entendu prononcer les noms de Gurs et Rivesaltes. Je ne savais pas qu’avant les accords de Montoire, une politique d’exclusion de la population juive avait été mise en place par le gouvernement de Vichy. Cette expérience a profondément bouleversé ma vision de la France de cette époque…
– Esther P.

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[…] L’introduction de P. J. Biscarat puis la visite du musée m’ont permis d’effectuer un plongeon dans le contexte historique. J’ai pu me rendre compte à quel point la mémoire est indissociable de l’histoire… J’ai été émue de constater le travail effectué par des historiens pour donner un nom et un visage à chacun des enfants qui avaient vécu à Izieu…
– Sintia

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[…] J’ai pu enfin donner un sens aux paradoxes qui se posaient suite à des cours que j’avais eus au collège et surtout cela m’a assez marquée pour que je reconnaisse l’influence de cet événement dans le quotidien et dans l’histoire de certaines populations. Comprendre cette période c’est à la fois éviter qu’un tel phénomène ne se reproduise mais aussi comprendre le monde qui m’entoure…
– Lauriane S.

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[…] Le registre est là, devant moi, ouvert sur une page où les noms sont comme sertis dans le papier… Je tourne les pages avec précaution jusqu’à celle recensant les déportés du convoi N°71. Mon doigt le parcourt puis s’arrête sur un nom familier depuis la veille: Georges Halpern, 8 ans. Cette bouille joviale qu’on avait vue sur la grande photographie à l’entrée du Mémorial, c’est la sienne ; les lettres gorgées d’amour pour ses parents dont il est séparé et les délicieuses fautes d’ortographe, ce sont les siennes…Nous sommes à l’endroit exact où se tenaient les enfants d’izieu quelques dizaines d’années plus tôt, si près d’eux, cernés par leur présence et pourtant si loin… Nous marchons où ils ont marché, nous ne sommes pas là où ils ont été…

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[…] La visite de cette maison m’a particulièrement touchée : se retrouver dans les mêmes lieux que ces enfants, 65 ans après la rafle d’Izieu qui aura causé la mort de 44 d’entre eux a provoqué chez moi des sentiments forts et une véritable prise de conscience de la réalité. Plus loin que les cours d’histoire, les nombreuses expositions ou livres traitant du sujet, le fait de se rendre sur les lieux permet non seulement de se souvenir, de commémorer un événement terrible, cela rend l’Histoire plus concrète, abordable et la vérité plus poignante…
– Laure M.

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[…] Je me suis rappelé que ma grand-mère m’avait montré, il y a longtemps, deux étoiles jaunes. A qui appartenaient-elles déjà? Ma famille? Quelqu’un de ma famille avait du porter cette étoile dans la rue et se faire insulter, frapper peut-être? Cette personne était-elle allée dans les camps d’internement? D’extermination? Avait-elle voyagé dans un train à bestiaux? Etait-elle morte en suffoquant? Ou tuée par balle? Soudainement je me sentais plus proche des enfants d’izieu, d’une certaine façon j’étais avec eux, du “mauvais côté”. J’ai demandé à ma grand- mère. Marguerite ; la compagne de mon arrière grand-père s’était cachée et avait survécu. Ma grand-mère, pourtant élevée dans la foi catholique, se faisait traiter de sale juive à l’école…

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Je n’ai jamais été particulièrement doué pour dire ce que je pensais de ce que je voyais, ou même pour m’exprimer à propos de sujets qui impliquent un engagement personnel… La reconstitution du procès Barbie fut choquante et les image sont restées. Certaines personnes ont été très marquées, d’autres moins, mais au fond je pense que chacun a pris pleinement conscience, s’il ne l’avait pas déjà fait, de la réalité de cette rafle… Pour ma part cette mémoire n’a pas suscité de violentes émotions, comme cela l’a été pour certains, bien qu’une partie de ma famille ait été directement concernée par ce conflit et par la violence de l’antisémitisme des régimes français et allemand. J’en ai probablement tiré quelque leçon, de l’intérêt et je pense que je me souviendrai de ce voyage…
– Hugues H.

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[…] Ma première réaction qui a sûrement été aussi celle de mes compagnons, a été la surprise : c’est donc dans ce lieu enchanteur, dominant le Rhône, offrant pour unique perspective une ouverture infinie sur les champs et le ciel que la liberté de vivre a été brutalement ôtée à 44 enfants et 5 adultes?…J’ai désormais sur ce sujet une opinion qui a pu se fonder, et non plus seulement des connaissances strictement historiques…
– Bérangère D.

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[…] Ce voyage m’a permis d’approfondir mes connaissances sur un sujet complexe que les chiffres dans nos manuels rendent parfois trop abstraites. Un tel voyage nous permet enfin et surtout d’acquérir des armes contre le négationnisme et les idéologies qui s’en inspirent.
– Mathieu Z.

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[…] J’ai marché dans la maison, j’ai essayé d’imaginer la vie des enfants, c’est là que j’ai ressenti le plus d’émotion…Les documents, les films sont faits dans un souci pédagogique, ils viennent éclairer, nous permettre de comprendre les événements. J’ai apprécié la dissociation entre le temps de l’émotion et le temps de l’histoire…
– Cécile P.

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[…]La réalité de ce voyage a été longue à m’apparaître… Je dois cependant reconnaître que l’idée d’un tel voyage est plutôt enthousiasmante. Sortir du cadre scolaire est un moyen efficace pour rendre la transmission des connaissances plus diverse et moins abstraite…
– Marie P.

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